Lettre ouverte de Mme Bernadette Madeuf, Présidente de Paris-10 Nanterre, à la ministre Pécresse

De AG_Lille1.

Lettre ouverte de Mme Bernadette Madeuf, Présidente de Paris-10 Nanterre, à la ministre Pécresse

Nanterre, le 4 février 2009

Madame la Ministre,

Au fil des jours, dans notre université Paris Ouest Nanterre La Défense, le nombre des assemblées générales, par U.F.R., par départements se multiplie ; les motions s'accumulent. Et chaque fois grandit le nombre d'enseignants-chercheurs exprimant leur opposition au projet de décret réformant leur statut d'universitaire. Les raisons de leur désaccord sont certes diverses mais devant un sujet aussi complexe comment s'en étonner ? Ce qui rassemble les collègues dans le refus, c'est cette volonté qu'ils perçoivent de régenter sans prendre le temps d'écouter pour comprendre. Un de mes éminents prédécesseurs à la présidence de notre université, René Rémond, a enseigné à des générations d'étudiants sa définition de l'extrémisme : « penser qu'il y a des solutions simples aux problèmes compliqués ».

Madame la Ministre, je vous en prie, écoutez la rumeur qui enfle chaque jour en provenance des horizons de pensée les plus divers.

A Paris Ouest, cette semaine est consacrée aux examens de fin de premier semestre. Lundi prochain c'est la rentrée ; je ne peux me résoudre à l'idée que les étudiants deviennent dès la semaine prochaine, les otages d'un entêtement de l'employeur de leurs enseignants. Vous le savez, d'autres acteurs de l'Université que les enseignants-chercheurs sont préoccupés de leur avenir ; notamment les personnels administratifs et techniques et surtout les étudiants avec la montée du chômage qui assombrit leurs perspectives professionnelles. Madame la Ministre, je vous en prie, écoutez, maintenant !

Je vous prie de recevoir, Madame la Ministre, l'expression de mes salutations respectueuses.

Bernadette MADEUF

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